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Après le centenaire de l'armistice, et ses commémorations nationales, un témoignage nous est parvenu par l'intermédiaire de Madame Nicole JOBE de Charly sur Marne.

C'est l'histoire d'une famille qui depuis la seconde guerre n'oublie jamais de venir chaque année pour le 11 novembre sur la tombe de Joseph JANIN né à Saint Sulpice en Isère, décédé le 10 Août 1918 à Charly sur Marne, où il est enterré.

 

Joseph JANIN Charly sur Marne dans le sud de l'Aisne"Toutes les familles sont touchées par les événements 1914-1918. Toutes ont un fils, un frère, un père, un neveu, un cousin, un mari tombé dans les tranchées.

 

 Parmi eux, notons le récit des dernières semaines de Joseph JANIN, né en Février 1898 à Saint-Sulpice en Isère.

Il est fils aîné de Joseph JANIN et Félicie GABRIEL. Il a 2 frères Jules, dit Léon, né en 1904 et Charles en 1912.  Joseph est affecté à la 34e Cie, 9e Bataillon du 158e Régiment d’Infanterie en Mars 1918.

Son régiment est basé à Belfort jusqu’en Avril, date à laquelle il est rattaché au 279e R.I pour se substituer aux soldats tombés au front. Tout début Mai, il rejoint son dépôt basé dans les Vosges. Il alterne des périodes de 18 jours dans les tranchées et 9 jours de repos. Les nuits sont difficiles en première ligne, à 50 mètres des « boches », et surtout pendant les périodes de garde qu’il passe avec 3 camarades. 2 se reposent pendant que les 2 autres montent la garde. Ainsi, ils réussissent à dormir à peu près la moitié de la nuit. Les périodes de pluies sont difficiles à cause de la boue qui se forme au fond des tranchées. Un colis sur 2,  une lettre sur 2 n’arrivent pas à destination. Joseph qui avait laissé sa montre  à Saint-Sulpice ne la recevra jamais sur le front.

Fin Mai, il espère une permission pour revenir moissonner au pays, mais les offensives se font nombreuses et les permissions sont supprimées. Le 13 Juillet, la Compagnie à laquelle il appartient cède la place aux Américains pour se rendre  plus à l’Ouest, en direction de la deuxième bataille de la Marne, dans un secteur plus dangereux. Le 2 août, Joseph écrit une dernière lettre à ses parents. Cette lettre sonne comme un appel au-secours d’un soldat qui voit la mort de près et tout ce qui va avec.

Huit jours plus tard, il sera blessé sur les rives de la Vesle, lors d’une offensive menée conjointement avec les armées américaines, près de Bazoches sur Vesle. Son bataillon avance depuis plusieurs  jours le long de la voie  de chemin de fer et vient de traverser la Vesle lorsqu’ils subissent une contre-offensive de l’armée allemande au cours de laquelle il sera touché.

Comme tous les blessés du secteur il est conduit à l’hôpital de campagne de Charly-sur-Marne, installé dans l’école des garçons, où il succombera de ses blessures 2 jours plus tard, le 10 août 1918.

 

 Sans courrier pendant plusieurs jours, plusieurs semaines, la famille JANIN de Saint-Sulpice ignore le sort du pauvre Joseph et espère jusqu’au 2 Septembre, date à laquelle,  le Sergent Laurent BERGERET, aumônier du 279e RI informe que Joseph est toujours officiellement  porté blessé, mais qu’une croix  portant son nom est installée au cimetière civil de Charly-sur-Marne.

En 1920  son père écrit au maire de Charly afin de connaître l’état de la tombe de son fils. Le Maire, lui confirme que son fils est enterré dans un cercueil, au cimetière communal  et que sa tombe a récemment été fleurie.

Joseph qui hésitait alors à rapatrier le corps de son fils au cimeière de Sonnay décide de le laisser dans l’Aisne".

Texte: Nicole JOBE

Plusieurs générations devant la tombe de Joseph JANIN

TRAGÉDIE DE LA GRANDE GUERRE À CHARLY SUR MARNE

7 février 2019